Chaque novembre, des millions de Canadiens portent un coquelicot rouge en hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie au service de leur pays. Peu savent que le brigadier James L. Melville, CBE, MC, ED, ADC, du Génie royal canadien, a joué un rôle important dans la tradition du coquelicot au Canada et dans les mesures pour aider ceux qui revenaient de la guerre.
James Melville s’engage dans le Génie royal canadien comme officier en 1916. Il sert outre-mer pendant la Première Guerre mondiale, acquérant de l’expérience en génie de campagne. Sa carrière militaire s’étend sur les deux guerres mondiales et aboutie à des hautes fonctions dans le génie et les Affaires des anciens combattants.
Le coquelicot du souvenir trouve son origine sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Les coquelicots fleurissant au milieu des tombes de soldats en France et en Belgique deviennent un symbole puissant du sacrifice. Aux États-Unis, Moina Michael encourage le port d’un coquelicot artificiel en signe de souvenir. L’humanitaire française Anna Guérin diffuse cette initiative à l’échelle internationale. En 1921, Anna Guérin contribue à convaincre l’Association des anciens combattants de la Grande Guerre du Canada (prédécesseur de la Légion royale canadienne) d’adopter le coquelicot comme emblème du souvenir.
Lillian Bilsky Freiman, d’Ottawa, organise la première grande campagne du coquelicot au pays en 1921. La contribution de Melville est de mettre en place un système durable de fabrication et de distribution au Canada, qui associe le coquelicot à une aide concrète aux anciens combattants.
À son retour de la Première Guerre mondiale, Melville s’engage dans la réinsertion et l’emploi d’anciens militaires handicapés. Il comprend que la fabrication de coquelicots artificiels offre un travail valorisant aux anciens combattants souffrant d’un handicap physique et rencontrant des difficultés à réintégrer le marché du travail. Melville obtient les droits de fabrication du coquelicot au Canada et s’emploie à faire produire ces fleurs dans ces ateliers. Il insiste pour que la campagne fonctionne à but non lucratif. Les recettes soutiennent les anciens combattants et leurs personnes à charge, conférant ainsi au coquelicot une double vocation : honorer la mémoire de ceux qui sont morts et venir en aide à ceux qui ont survécu.
La carrière de Melville refléta cet engagement constant au service de la nation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est l’ingénieur en chef de la Première Armée canadienne. En 1943, il devint président de la Commission canadienne des pensions, fonction qu’il occupa pendant quinze ans. Il fut colonel commandant du Génie royal canadien, jusqu’à la transition au Génie militaire canadien en 1968.
L’humble coquelicot n’est pas seulement un symbole du souvenir ; il représente également l’engagement à prendre soin de ceux qui ont subi les conséquences de la guerre. La contribution du brigadier Melville à la campagne du coquelicot reste un élément indissociable du patrimoine militaire canadien. Pour le Génie royal canadien, l’héritage de Melville nous rappelle que le service ne s’achève pas lorsque les combats cessent.