Les mascottes jouent depuis longtemps un rôle important dans la culture militaire canadienne, symbolisant la tradition, le moral et l'identité de l'unité. Parmi les plus mémorables figure TAZ, un diable de Tasmanie en peluche devenu la mascotte emblématique du Groupement aéroporté du 2e Régiment du génie de combat dans les années 1970. Son héritage fait écho à celui de mascottes plus anciennes comme Johnny Canuck, le berger allemand qui, selon la tradition, a sauté en parachute avec le 1er Bataillon de parachutistes canadiens lors du débarquement de Normandie et qui a péri aux côtés de son maître.
TAZ intégra le 1er Escadron de campagne aéroporté en 1975 et devint rapidement un membre indispensable du génie aéroporté. Son premier « saut » fut un saut peu conventionnel depuis le toit d'une caserne, témoignant de son désir d'appartenance. Bientôt équipé d'un parachute en soie sur mesure, d'une blouse de camouflage et même de plaques d'identité officielles – bien qu'il n'appréciât pas qu'on les appelle « plaques d'identité » –, TAZ incarnait l'indépendance et la loyauté attendues des sapeurs aéroportés.
Au fil des années, TAZ a participé à d’innombrables descentes en parachute, accompagnant souvent de nouveaux parachutistes lors de leur premier saut afin de calmer leurs nerfs. Il les appelait affectueusement « bébés parachutistes » et était connu pour crier « Libérez-moi ! » pendant les descentes. Son professionnalisme était légendaire ; il n’a jamais eu besoin de recyclage et était considéré comme un modèle d’intégrité en saut.
Un des épisodes les plus mémorables de sa carrière s’est produit lors d’un saut par grand vent sur la DZ Anzio à BFC Petawawa. Déporté par le vent, TAZ a disparu dans une dépression remplie d’eau et est resté introuvable pendant des mois. Les parachutistes ont pleuré sa perte jusqu’à ce qu’il soit retrouvé durant la saison sèche — amoché mais intact après ce qui semblait être une lutte féroce contre les éléments. Après réparation, il est retourné en service avec son humour légendaire.
La renommée de TAZ en a aussi fait une cible pour les unités rivales. La police militaire aéroportée l’a un jour « kidnappé », le soumettant à des humiliations bon enfant avant que ses camarades ne paient la rançon et obtiennent sa libération. Parmi ses plus grandes fiertés figure l’obtention des ailes de parachutiste de l’United States Army, après avoir complété cinq sauts avec des parachutistes américains à Fort Bragg.
Ses aventures se sont poursuivies jusque dans les années 1980, notamment avec un saut au Colorado, où il est devenu un favori local. En plus de quinze ans, TAZ a effectué plus d’une centaine de sauts à partir de divers aéronefs. Sa carrière aéroportée a pris fin en 1995 lorsque les ingénieurs aéroportés ont été dissous à la suite de l’Somalia Affair. Le cœur brisé, il a pris une retraite officieuse, avant d’être plus tard honoré par ses camarades avec une cage renforcée et confortable construite par d’autres sapeurs.
L’histoire de TAZ reflète l’esprit de plus de cinq cents sapeurs aéroportés ayant servi entre 1955 et 1995. Son héritage perdure, célébré dans 50 Years of Airborne Sappers du Lcol Doug Foreman et dans les souvenirs de ceux qui ont servi à ses côtés.